Qualifier les propos du Cardinal Ratzinger de "prophétiques" est inapproprié.
Introduction
“la faute ne saurait incontestablement être imputée au Saint-Siège“.
La "faute" est sans doute imputable à celui qui veut fidèle à la Tradition multiséculaire de l’Église…
“La vérité qui est marginalisée acquiert alors son autonomie, se détache de la totalité de la structure ecclésiale, et c'est autour d'elle que se forme un mouvement nouveau“.
Excellente synthèse que Mgr Lefebvre n’aurait pas reniée.
C’est effectivement la "marginalisation de la vérité" qui est à l’origine du schisme ; "dialogue œcuménique", "dialogue interreligieux", notamment, rendus possibles uniquement par la mise à l’écart de la vérité… Or il ne faut pas perdre de vue que pour un chrétien, la “vérité“, c’est Quelqu’un et non quelque chose… (Cf. Jn 14 6).
A. Le sacré et le profane
“l’on a relégué les ornements sacrés au second plan“.
C’est effectivement le "profane" qui est passé au premier plan dans l’Église…
“le profane, même après la mort et la résurrection de Jésus, n'est pas devenu saint… nous devons reconquérir la dimension du sacré dans la liturgie…. La grandeur de la liturgie… repose… sur son pouvoir à nous mettre en contact avec le Tout-Autre, que nous ne saurions évoquer par nos propres forces“.
Lorsqu’il est nécessaire de "reconquérir" quelque chose, cela signifie que cette chose a été abandonnée ; "la dimension du sacré dans la liturgie" en l’occurrence …
B. Le caractère non arbitraire de la foi et sa continuité
“un concile pastoral“, visant à modifier les dogmes en pratique, sans avoir l’air d’y toucher…
“La seule manière de rendre Vatican II crédible est de le présenter clairement pour ce qu'il est : un maillon de l'unique et entière Tradition.“
Il ne suffit pas de le "présenter", encore faut-il que cela soit la vérité. Car ce “maillon de l'unique et entière Tradition“, est non conforme à la Tradition, et le plus souvent en opposition avec la Tradition… Et il ne s’agit pas d’une “posture de vision étriquée“, pas plus que d’une “vision étroite et unilatérale“ mais d’un constat objectif…
C. L'unicité de la vérité
Effectivement, si “la question de la vérité a souvent été éclipsée, voire étouffée… si la vérité est apparue comme une prétention excessive… si elle n'est plus essentielle au salut de l'humanité… la foi en tant que telle finit par être abandonnée“.
Et il suffit de se reporter au statistiques concernant l’évolution de la foi depuis Vatican II, la dégradation n’a fait que s’accélérer…
De plus, s’il est question "de revenir au bon sens dans ce domaine également." cela laisse supposer que le bon sens a été perdu aussi dans "d’autres domaines"…
Conclusion
Ce texte n’a rien de “prophétique“.
C’est une reconnaissance des suites néfastes du Concile Vatican II sur des points essentiels, évitant soigneusement d’argumenter lorsqu’il s’agit de mettre en cause la FSSPX. En effet, si le critère pour définir le "schismatique" est la mise "au second plan des ornements sacrés“ et favoriser ainsi une liturgie profane, ou avoir fait "du mystère un divertissement“, nécessitant de "reconquérir la dimension du sacré dans la liturgie", car obstacle à nous "mettre en contact avec le Tout-Autre", ou encore la perte du "bon sens" à propos de "l'unicité de la vérité", à l’origine de "l’abandon de la foi". Ou tous à la fois comme dans le cas précis, en un mot qui a rompu avec la Tradition multiséculaire de l’Église. C’est le Vatican qui répond à la définition de "schismatique", et non la FSSPX.
Il est toujours bon de revenir à la source :
« Excommunié par des gens qui sont eux‑mêmes excommuniés, Deo gratias »
Mgr Lefebvre 30 juin 1988
"C’est aux fruits qu’on reconnait l’arbre", et c’est toujours vrai (Cf. Mt 12 33).
Ps : Athanase d’Alexandrie, lui aussi avait été excommunié (avant d’être canonisé…)